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Tag - leweb3

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mercredi 12 décembre 2007

Comment financer tout ça ?

Au web 3, il y a le dock des startups. Ce matin, j'ai été y faire un tour pour assister au panel sur la monétisation des services et applications web 2.0.

Le contraste est saisissant avec l'ambiance du grand amphi où se déroulent les sessions plénières :

  • dans ce dernier, on parle de Facebook, Myspace, Twitter et Open Social comme des services qui sont cool et qui changent l'internet,
  • dans le dock des startups j'ai entendu que les widgets ne peuvent pas rapporter d'argent, il ne peuvent que drainer du trafic vers un service, que le business model qui permettra de financer un Twitter n'existe pas encore, et que faire de la pub sur Myspace c'est innéficace au possible...

Lors des résultats du concours de startups, les membres du jury ont souvent reproché aux compétiteurs de ne pas aborder les thèmes empiriques comme :

  • à quel besoin répond leur application ?
  • quelle est l'ampleur du segment de marché visé ?
  • quels peuvent être les modes de financement ?

Chacun dans sa bulle

C'est marrant, je n'ai entendu personne poser ces questions à Evan Williams, le fondateur de Twitter... Twitter ne comble aucun manque, ne vise aucune cible particulière si ce n'est les hyper connectés, et comme vu plus haut, n'a pas encore de solution de financement.

Je continue dans ce paradoxe : les Jason Calacanis, Loic Lemeur et Martin Varsavsky jouent les rebelles insouciants (je caricature) en disant ne perdez pas de temps à faire une étude de marché, ou ne faites pas de business plan, vous ne le respecterez de toute façon jamais, etc.

Je n'ai pas fait HEC, mais je trouve que c'est facile à dire de la part de gens installés, qui ont déjà fait leur preuves et qui n'ont aucun soucis pour lever de l'argent. Parlez-en avec les startups qui essayent de se faire connaître des investisseurs dans le dock dédié...

Goojet, paradoxal sponsor du web 3

C'est Goojet qui a gagné le concours de startups organisé dans le cadre de la conférence... et qui est également sponsor de la conférence.

Je n'ai pas envie de polémiquer, surtout que je n'imagine pas une seconde que les organisateurs puissent donner dans le copinage aussi voyant (je te récompense à mon événement parce que tu le sponsorises).

Cela dit, il me semble que le concours de startups est là pour permettre aux talents en quête de financement de se faire remarquer. Goojet sponsorise le web3, ça veut dire qu'ils ont participé au financement de l'organisation... Alors ils  n'ont pas leur place dans ce concours de startup.

Mise à part ça, jetez un oeil à Goojet, c'est prometteur.

De l'inter-opérabilité des réseaux sociaux

Bringing social to software: Radical change is coming. Are we ready? En fait, le panel a très vite tourné au débat sur la manière de faire communiquer tous ces sites, dits réseaux sociaux, dont tout le monde parle en ce moment.

Pendant le tour de chauffe, Tariq Krim (Netvibes) commence à taper sur le clou de l’inter-opérabilité, pour le faire rentrer. Les producteurs de widgets (petites capsules de contenu tiers que l’on peu placer dans un site web) doivent faire en sorte que leurs outils soient portables sur toutes les plates-formes. En termes techniques et en terme de conditions d’utilisation... Sinon on va revenir à la vieille problématique du site développé pour Mac ou pour PC.

"Comment voulez-vous que les entreprises viennent au social software ?"

Un peu plus tard, le modérateur Marc Canter, survolté et maîtrisant parfaitement son sujet, interpelle les investisseurs de la salle en leur demandant de ne financer que des projets qui supportent Open ID (système transversal de gestion d’identité en ligne). Arrêtez de financer des application verrouillées !

Susan Kish (European Energy Forum) termine d’enfoncer le clou de l’inter-opérabilité : quand est-ce que tous ces réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Linkedin, Myspace...) vont enfin être compatible ? C’est la question majeure !

Et elle expose la problématique très empirique des entreprises hors industrie du web :

En dehors de cette salle, il y a un univers qui n’a même jamais entendu parler des wikis, qui ne va pas sur les blogs. Les patrons de grandes industries qui ont un blog (comme M. Leclerc) restent une exception.

Il faut faire tomber les barrières pour cet univers. Comment voulez-vous qu’une entreprise choisisse un réseau social dans lequel s’investir, puisqu’ils sont tous déconnectés les uns des autres ?

Bref, sale quart d’heure pour le sympathique Patrick Chanezon, de Google, qui venait de présenter Open Social, le système Google de widgets... plus ou moins fermés ! En tout cas loin d’être ouverts et inter-opérables...

Trop de connexion tue la connexion

Au sens figuré d’abord : la moitié de la salle est plongée dans son écran (de laptop, de blackberry, d’iPhone, de N801...) pendant les interventions. J’ai regardé autour de moi : certains prennent des notes, certes, mais beaucoup écrivent des mails ou lisent sur internet. J’ai bien dit lisent, hein, et non pas blogguent ou twittent...

Au sens propre ensuite : il y a environ deux milles personnes aux Docks pour cette conférence, et le réseau wifi a l’air d’avoir du mal a tenir la charge. Ça rame, ça plante, ça revient... Mais bon, je ne suis pas ingénieur réseau, et le défi technique a l’air rude à relever.

mardi 11 décembre 2007

Le web 3, rapide bilan du premier jour

La première journée de la conférence Le Web 3 prend fin.
Quelques notes et impressions, dans le désordre.

Quelques critiques

Surprenant d'ouvrir une telle conférence avec un panel sur les dangers du web 2.0. C'était malgré tout intéressant, mais pas très animé (bon, normal, c'était la première, à 8h30).

L'entretien entre Sarah Lacy (Busines Week) et Kevin Rose (Digg.com) ressemblait plus à une genèse de Digg (voire à une interview people) qu'à une réflexion sur  le thème annoncé : Making your information social.

Hans Rosling était hors sujet, mais c’était enrichissant.

Le hall d'accueil du Web3.

Moi aussi j’ai trouvé Philippe Stark hors sujet. Une présentation mal construite, qui se résumait à un catalogue de ses œuvres. Un homme que j'aurais pu comparer à Steeve Jobs, mais qui est monté sur scène affublé d'une tenue de motard (pantalon de cuir, bottes et blouson Danese). Un discours intelligent, avec des pointes de philosophie, mais qui perd de sa valeur à cause de l'anglais parlé à la mode espagnole... Pourtant, Philippe Starck a été chaleureusement applaudi par la salle.

J'ai raté la présentation de Ginger, la nouvelle version de Netvibes :-(

Pour le positif

Evan Williams, créateur de Twitter, nous a démontré par A+B qu’on peut créer des applications très puissantes en isolant une seule fonctionnalité d’une application existante. Exemples :

  • Google a extrait la fonction search de Yahoo
  • Feedburner pousse à son maximum la fonction RSS des blogs
  • Twitter réduit à sa plus simple expression le massive chating

Nelson Mattos, de Google, a nourri ma réflexion sur l'entreprise open source (billet en gestation depuis trop longtemps) : la question n'est plus d'être gros ou petit, aujourd'hui ce sont les plus rapides qui gagnent. Pour innover, il faut aller vite, recueillir le feedback des utilisateurs et s'adapter au fur et à mesure. Rien ne sert de murir une application pendant deux ans si elle ne correspond plus aux attentes de la cible lorsqu'elle sort.

June Cohen, de la TED conference, a tenu un discours passionné et touchant sur les principes du web 2.0. Enfin un brin de fraicheur et d'émotion !

June Cohen sur scène

Jonathan Medved nous a parlé du marché de la personnalisation, que les venture capitalist de l'internet ont raté. Il nous a fait saliver avec les promesses de ce créneau, notamment sur les mobiles. Puis il nous a vulgairement présenté son produit... :-P

De la matière de haut niveau

On a eu le droit à un excellent débat (un vrai) entre Andrew Keen, auteur de Le culte de l'amateur, et Emily Bell, qui gère les publication en ligne de The Guardian. C'était d'assez haut niveau, donc je n'ai pas tout saisi (surtout qu'ils avaient un sacré accent), mais Francis Pisani en a déjà très bien parlé.

Enfin, un excellent panel : Bringing social to software: radical change is coming. Le modérateur, Marc Canter, était excellent : dynamique et maîtrisant parfaitement son sujet, il n'hésitait pas à interrompre les intervenants ou à les mettre devant leurs contradictions. Bon, le panel a vite tourné au débat un poil technique autour des formats d'échanges entre plate-formes sociales, mais c'était constructif et intéressant. J'y reviens un peu plus tard dans un autre billet.

La suite demain...